Bosnie-Herzégovine

S.E. M. Bakir Izetbegović, Président du collège présidentiel

27 septembre 2012 (67e session)

Bosnia and Herzegovina
Statement Summary: 

M. BAKIR IZETBEGOVIĆ, Président du Collège Présidentiel de Bosnie-Herzégovine, a constaté que la scène internationale était le théâtre de nombreuses crises et de défis multiples, à commencer par le « désastre » qui se déroule en Syrie.  Il a rappelé le massacre de Srebrenica et les paroles prononcées cet été par le Secrétaire général lors de sa visite dans cette ville au cours de laquelle ce dernier a dit qu’il ne souhaitait pas que son successeur, lors d’une visite en Syrie dans 20 ans, se voit également obligé de formuler des excuses pour tout ce qui aurait pu être fait pour protéger les civils syriens. 

Selon M. Izetbegović, le meilleur moyen d’honorer les victimes de Srebrenica aurait été de tirer les leçons de cet échec et de ne pas répéter les erreurs du passé.  L’ONU, et surtout le Conseil de sécurité, ont malheureusement échoué, et la communauté internationale a choisi une fois de plus de répéter le cycle de tâtonnements politiques qui a échoué en Bosnie-Herzégovine, a-t-il déploré.  À moins d’agir maintenant et de manière décisive pour aider le peuple syrien et mettre un terme aux effusions de sang, a-t-il averti, cette tragédie hantera notre histoire pour toujours, tout comme Srebrenica.

M. Izetbegović a également dit être gravement préoccupé par l’impasse dans laquelle se trouve la résolution du conflit israélo-palestinien.  Il faut de toute urgence donner un nouvel élan car il n’y a pas d’autre alternative qu’une solution négociée, a souligné le Président qui a par ailleurs engagé Israël à faire preuve de bonne foi.  Il a également exhorté l’ONU à fermement réclamer le respect de ses résolutions.

Le dirigeant de la Bosnie a ensuite évoqué la flambée de violence provoquée par la diffusion de la vidéo islamophobe.  Il faut mettre un terme à la violence, mais également trouver le moyen de prévenir les propos haineux et l’intolérance.  Oui, le droit à la liberté d’expression existe, mais le droit à la dignité aussi, a tranché M. Izetbegović qui a par ailleurs engagé les dirigeants à franchement débattre des limites de la liberté d’expression lorsqu’elle est exploitée pour inciter à la haine et porter délibérément atteinte à la dignité d’autrui.  Il a estimé que les liens entre le monde occidental et le monde musulman et leurs systèmes de valeurs respectifs figuraient parmi les plus importantes questions de notre époque.

M. Izetbegović a affirmé que la communauté internationale pouvait apprendre des enseignements tirés par son pays en matière de gestion de la diversité.  La Bosnie-Herzégovine est un pont unique entre l’Est et l’Ouest, une culture multiethnique unique qui a été tissée au cours d’un millénaire de tolérance et de respect.  Voilà pourquoi sa préservation et son succès sont essentiels pour l’ensemble de la planète, a-t-il souligné.

M. Izetbegović a reconnu que son pays était actuellement en proie à une lutte entre coexistence et division.  Si la coexistence et la coopération ne parviennent pas à prévaloir en Bosnie, elles ne prévaudront nulle part ailleurs, a-t-il averti.  Ce sera un échec qui conduira à un écart croissant le long de la ligne de fracture la plus délicate au monde.


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