Venezuela (République bolivarienne du)

S.E. M. Nicolás Maduro Moros, Ministre des affaires étrangères

27 septembre 2011 (66e session)

Statement Summary: 

M. NICOLÁS MADURO MOROS, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a lu une lettre du Président vénézuélien Hugo Chávez, datée du 26 septembre 2011 à Caracas.  « La paix, la paix, la paix….  Nous ne recherchons pas la paix des cimetières, comme le disait ironiquement Kant, mais une paix basée sur le plus strict respect du droit international », écrit M. Chávez, au début de cette lettre, où il citera également, tour à tour, le « Libérateur » Simón Bolívar, le théoricien militaire Carl von Clausewitz, le penseur français Edgar Morin, la journaliste Frida Modak, le chercheur américain Linus Pauling, le poète martiniquais Aimé Césaire et le chanteur vénézuélien Alí Primera.

Le Chef de l’État vénézuélien rappelle que, dans la Charte des Nations Unies, l’on souligne la nécessité d’épargner les générations futures du fléau de la guerre.  Depuis 1945, les guerres n’ont fait qu’augmenter et se multiplier de façon inexorable, dit-il, précisant que la Libye a été détruite et ensanglantée par la volonté des puissants de ce monde. 

Il faut se préoccuper des menaces qui existent, ajoute M. Chávez, dénonçant une reconfiguration du monde qui repose sur l’hégémonie militaire américaine.  Pourquoi les États-Unis sont-ils le seul pays qui essaime des bases militaires sur la planète?  Pourquoi un tel budget militaire impressionnant?  Comment faire valoir le droit international face à cette hégémonie militaire qui vise à s’approprier des sources d’énergie pour imposer son mode de vie consumériste?  Pourquoi les Nations Unies ne font-elles rien pour arrêter Washington? s’est-il interrogé.

Le Président du Venezuela estime qu’un nouveau cycle de guerres coloniales a commencé en Libye avec l’objectif cynique de donner un deuxième souffle au capitalisme, un interventionnisme militaire qui, ajoute-t-il, est appuyé par les organismes antidémocratiques des Nations Unies.  Face à cela, il convient, a-t-il estimé, de mobiliser tout le pouvoir de l’esprit humain et de lancer une contre-offensive politique destinée à empêcher les pouvoirs des ténèbres de trouver des justifications dans la guerre.  Le Venezuela, poursuit-il, appelle à l’établissement d’une grande alliance contre la guerre et, pour la paix, à construire l’équilibre de l’univers prôné par Bolivar, un équilibre qui ne se trouve qu’à partir de la paix. 

Revenant à la situation en Libye, M. Chávez vilipende la campagne préméditée de mensonges qui, selon lui, a permis de justifier des mesures irresponsables du Conseil de sécurité, ayant abouti, par la voie militaire, à un changement politique du pays.  Le motif de l’intervention en Libye était, dit-il, de recoloniser la Libye pour s’approprier ses richesses.  Le Président vénézuélien exige ainsi la cessation immédiate des bombardements sur le territoire libyen. 

Il s’interroge également sur la logique qui veut que l’on cède la place de la Libye à l’ONU à un Conseil national de transition tandis que l’on bloque l’entrée de la Palestine.  M. Chávez en profite, dans cette lettre lue par le Ministre des affaires étrangères, pour exprimer la solidarité totale du Venezuela avec le peuple palestinien, demandant l’admission immédiate de la Palestine à l’ONU en tant que Membre à part entière.

En outre, citant le cas de la Syrie, le Président Chávez a jugé intolérable que les puissants de ce monde s’arrogent de donner des ordres à des gouvernements légitimes et souverains pour qu’ils renoncent à leurs statuts.  Il appartient au peuple syrien de décider de sa destinée, écrit-il.  C’est un droit inaliénable à tous les points de vue.  M. Chávez, qui appelle à la fin du blocus honteux et criminel contre Cuba, considère par ailleurs qu’il est impossible d’ignorer la crise de l’Organisation des Nations Unies.  On ne peut rien espérer du format actuel de cette Organisation, souligne-t-il, en mettant l’accent sur la nécessité d’éliminer la catégorie des membres permanents du Conseil de sécurité, de supprimer le droit de veto et de maximiser les pouvoirs de l’Assemblée générale.  Il plaide également en faveur de la rédaction d’une nouvelle Charte des Nations Unies.

 


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Déclaration

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    Ministre des affaires étrangères
  • S.E. M. Nicolás Maduro Moros
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  • S.E. M. Nicolás Maduro Moros
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