Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

S.E. M. David Cameron, Premier Ministre

22 septembre 2011 (66e session)

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord
Statement Summary: 

M. DAVID CAMERON, Premier Ministre du Royaume-Uni, a estimé que le « printemps arabe » avait montré que les Nations Unies ont besoin d’une nouvelle façon de travailler.  Il représente un défi pour nous-mêmes mais aussi pour l’Union africaine, les Israéliens et les Palestiniens, l’Iran et la Syrie, et enfin les Nations Unies, a-t-il dit.  Nous devons être unis dans l’action, et pas seulement quand il s’agit de condamner, a dit M. Cameron.  Les peuples du monde arabe ont bien fait connaître leurs aspirations, et parvenir à ces ambitions ne sera pas aisé, a-t-il averti, ce sera un long processus qui ne fait que commencer.  « Nous ne pouvons pas garantir que ce processus de réforme sera irréversible mais nous avons une responsabilité auprès de ces populations trop longtemps flouées par leurs gouvernements, tout comme nous l’avons fait en venant en aide aux pays de la révolution de 1989 », a-t-il expliqué.

Le Premier Ministre britannique a estimé que l’erreur trop souvent commise était de penser que vouloir la démocratie impliquait une aspiration aux normes occidentales.  La démocratie n’est pas un évènement mais un processus, a-t-il déclaré, notant par exemple que l’Iran, bien qu’il soit un pays où des élections sont régulièrement organisées, était aussi un pays sans liberté.  Les élections ne sont donc pas suffisantes pour dire que la démocratie est là, a-t-il insisté.  Le Premier Ministre a assuré que les Libyens s’étaient libérés eux-mêmes en faisant preuve d’une immense bravoure face à Qadhafi, et a salué le grand leadership dont le Conseil national de transition a fait preuve.  Cette révolution appartient réellement au peuple libyen et montre que les Nations Unies ne sont pas plus efficaces que les États Membres qui se réunissent pour appliquer leur volonté, a estimé M. Cameron, affirmant qu’une coalition d’États avait pu empêcher Benghazi de connaître les massacres commis au Rwanda ou à Srebrenica.

Toutefois, le Premier Ministre a insisté sur les nombreux défis qui demeurent, notamment économiques, dans les pays touchés par le « printemps arabe ».  Moins de 4% du commerce de l’Afrique du Nord se fait avec ses voisins, ce qui en fait la région la moins intégrée du monde, a-t-il par exemple expliqué, et c’est au contraire un capitalisme corrompu qui s’est mis en place.  La région doit donc s’engager dans une économie libre et 50 millions de nouveaux emplois au moins doivent être créés, uniquement pour accompagner la démographie de ces pays, ce qui représente un défi immense, a-t-il dit.  Le printemps arabe ne réussira pas si les femmes ne continuent pas d’y être associées.  « Maintenant, nous ne devons pas perdre notre détermination et le moment est venu de s’assurer que les milliards d’euros versés par l’Union européenne à cette région appuient les réformes économiques », a déclaré M. Cameron.  Le Premier Ministre a aussi appelé à des réformes au Yémen et surtout en Syrie où « le Conseil de sécurité doit agir ».  L’Afrique doit aussi assumer ses responsabilités, a-t-il dit, faisant remarquer que de nombreux pays d’Afrique australe avaient été très lents à réagir face au printemps arabe, après avoir eu à lutter eux-mêmes si durement pour leurs indépendances.  Les Palestiniens ont eux aussi le droit à un État viable, a-t-il rappelé, estimant qu’aucune résolution ne peut se substituer à la volonté politique de parvenir à la paix entre Israéliens et Palestiniens.  « Notre rôle doit être d’appuyer ces discussions », a-t-il répété, car la réforme est la base de la stabilité à long terme que menacent les régimes autoritaires au lieu de la garantir.  Le printemps arabe est aussi un moyen de vaincre le terrorisme, Al-Qaida mais aussi l’idéologie du terrorisme qui s’est bâtie sur l’oppression des peuples, a enfin conclu M. Cameron.


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