Chypre

S.E. M. Demetris Christofias, Président

22 septembre 2011 (66e session)

Cyprus
Statement Summary: 

M. DEMETRIS CHRISTOFIAS, Président de Chypre, a fait savoir que son pays continuait de souffrir des conséquences de l’invasion militaire turque de 1974 et de la poursuite de l’occupation.  Il a notamment déploré le fait que les résolutions adoptées par l’ONU en la matière qui ne sont pas mises en œuvre à cause de « l’intransigeance turque ».  Il a rappelé qu’à la « suite de notre initiative », des négociations directes avaient été entamées en 2008 dans le but de créer une fédération bizonale et bicommunale.  « Notre objectif, a-t-il expliqué, est de trouver une solution mutuellement acceptable qui mette un terme à l’occupation et à la colonisation illégale par la Turquie des parties occupées de Chypre.  Nous voulons une solution qui réunifie le pays et sa population et qui crée les conditions pour une paix et une sécurité durables ».  Il a ensuite noté « avec regret » que la partie chypriote turque s’était récemment rétractée de la table des négociations, notamment au sujet de points de convergence déjà déterminés.  M. Christofias a affirmé que la question des personnes disparues était un aspect important du problème chypriote et qu’elle devait être résolue « quelle que soit l’évolution des négociations ».  Le Président a ensuite expliqué que la République de Chypre avait récemment lancé un processus d’exploration et d’extraction d’hydrocarbures au sein de sa Zone économique exclusive, mais que ces efforts étaient l’objet de menaces de la part de la Turquie.  Il a notamment dénoncé les manœuvres navales turques effectuées à proximité de cette Zone et qui, a-t-il affirmé, posent un réel danger pour la région.  Le Président a aussi accusé la Turquie d’avoir conclu un « accord » avec le « régime illégal » de la partie occupée afin de pouvoir effectuer ses propres prospections dans cette Zone.  « Je condamne cet acte illégal qui constitue une provocation non seulement pour la République de Chypre, mais pour l’ensemble de la communauté internationale », a lancé le Président.  Les dirigeants turcs et chypriotes turcs cherchent un fait accompli illégal, a déclaré M. Christofias avant d’appeler « le Conseil de sécurité, le Secrétariat et l’ONU dans son ensemble » à faire savoir à la Turquie que la poursuite de la violation du droit international et européen ne saurait être tolérée.

Le Président de Chypre a poursuivi en rappelant que sa partie avait proposé la restitution de la ville de Famagusta -« une ville européenne dans laquelle ses habitants ne peuvent plus vivre depuis l’occupation turque de 1974 »-sous l’Administration de l’ONU.  La mise en œuvre de cette proposition, a-t-il indiqué, donnerait un élan notable aux négociations et renforcerait la confiance entre les deux communautés.  Il a ensuite regretté que la Turquie refuse de mettre en œuvre les résolutions 550 et 1984 du Conseil de sécurité qui traitent de cette proposition.  M. Christofias s’est par ailleurs félicité de ce que le Secrétaire général, lors de ses récentes réunions avec les deux parties, ait fait référence à la résolution 1251 du Conseil de sécurité.  Pour le Président de Chypre, la seule manière d’aller de l’avant est d’honorer les engagements que les deux parties ont pris devant le Secrétaire général.  Avant de conclure son intervention, le Président de Chypre a appelé à la reprise des négociations entre Israël et la Palestine.  Il a également estimé qu’un nouveau modèle de croissance s’imposait, centré sur la réduction des inégalités, l’élimination de la pauvreté et la sauvegarde des droits des travailleurs et de l’ensemble de la population.


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