Serbie

S.E. M. Mr. Boris Tadić, Président

25 septembre 2009 (64e session)

Statement Summary: 

M. BORIS TADIĆ, Président de la Serbie, a affirmé que la sauvegarde des principes de la Charte restait plus importante que la politique de n’importe quelle nation prise individuellement.  En cette période de grands changements et de modification des équilibres de pouvoir, les relations internationales sont moins prévisibles.  Il est donc essentiel de réaffirmer ensemble les règles qui président au système international, de renforcer l’intégrité territoriale des États Membres, d’affirmer l’interdépendance et d’achever la transition de l’ordre ancien fondé sur la domination politique et économique vers un nouvel ordre qui repose sur une coopération équitable entre les nations.

M. Tadić a rappelé que son pays se trouvait pris au cœur de l’un des plus grands défis portés à l’universalité du système international depuis la fondation des Nations Unies, à savoir la « déclaration unilatérale d’indépendance prononcée par les autorités de souche albanaise de la province serbe du Kosovo-Métohija ».  Certains prétendent que cette déclaration constitue un « cas unique », a déclaré M. Tadić, mais en fait, a-t-il ajouté, il s’agit d’une tentative pour imposer une partition à un État Membre des Nations Unies contre sa volonté et en dépit de la ferme opposition du Conseil de sécurité.  Dénonçant dans la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo « une tentative pour imposer une solution du XIXe siècle à un problème du XXIe siècle », M. Tadić a réaffirmé que la Serbie ne reconnaîtrait « jamais, en aucune circonstance, implicitement ou explicitement, la déclaration unilatérale d’indépendance des autorités de souche albanaise de la province méridionale de la Serbie ».

Rappelant que son pays avait exclu d’emblée tout recours à la force mais qu’il utiliserait tous les moyens pacifiques à sa disposition, M. Tadić a justifié par cette volonté la décision de contester la déclaration d’indépendance devant la Cour internationale de Justice (CIJ).  Les conclusions de la CIJ constitueront, a estimé le Président, « un puissant précédent juridique, aux conséquences considérables pour le système des Nations Unies ».  « Soit le résultat dissuadera puissamment les autres mouvements séparatistes de faire sécession », soit, dans le cas où la Déclaration unilatérale d’indépendance ne serait pas jugée illégale par la Cour, « la porte sera ouverte à la mise en cause de l’intégrité territoriale de n’importe lequel des États Membres », a averti M. Tadić.  Le Président serbe a en outre invité les États Membres à attendre que la CIJ rende son avis, sans préjuger de ses délibérations et sans s’opposer à son travail.

Parallèlement à cette action en justice, la Serbie pratique une politique d’engagement constructif avec tous les acteurs légitimes présents au Kosovo, a affirmé M. Tadić.  Il a rappelé que son pays soutenait la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) dans sa nouvelle configuration, jugeant cette mission « indispensable ».  De même, a-t-il ajouté, Belgrade soutient, sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, sous l’autorité des Nations Unies et dans le cadre d’une position neutre face à la question du statut du Kosovo, le travail de la Mission EULEX de l’Union européenne.  Il a appelé toutes les parties concernées à travailler en étroite collaboration avec la Serbie pour mettre en œuvre le plan en six points du Secrétaire général qui, a-t-il rappelé, a reçu en novembre 2008 l’aval du Conseil de sécurité.

« La démocratie serbe est sûre, notre société est solide et nos valeurs sont fortement ancrées dans le droit », a déclaré M. Tadić, qui a affirmé que la « priorité stratégique centrale » de son pays demeure, « malgré les écueils », d’entrer dans l’Union européenne.  Il a souhaité concrètement que, dans le cadre du processus d’adhésion à l’Union européenne, les citoyens serbes puissent effectivement, à partir du 1er  janvier 2010, se déplacer librement dans l’espace Schengen.  Rappelant que, 20 ans après la chute du Mur de Berlin, l’objectif de réunir toutes les nations d’Europe sous un même toit n’avait pas encore été atteint, il a souhaité que « la fatigue face à l’élargissement » de l’Union européenne « ne devienne pas une nouvelle réalité en Europe ».

M. Tadić a affirmé que son pays était sur le point d’achever sa coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).  Il a insisté sur le renforcement de la coopération  régionale et a rappelé que son pays était l’un des garants des Accords de Dayton sur la Bosnie-Herzégovine, affirmant que la Serbie est attachée à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de ce pays.  Soulignant que la Serbie était « le plus important État successeur d’un État fondateur du Mouvement des non-alignés » –la défunte Yougoslavie– il a proposé que le cinquantième anniversaire du Mouvement soit célébré à Belgrade, dans le cadre d’un sommet extraordinaire placé sous la présidence de l’Égypte.
 


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