République de Moldova

S.E. M. Alexandru Cujba, Président de la délégation

29 septembre 2009 (64e session)

Statement Summary: 

M. ALEXANDRU CUJBA (République de Moldova) a dit appuyer le processus de réforme du Conseil de sécurité, déclarant notamment que son élargissement n’était pas seulement une question d’équité mais également d’efficacité.  Il a estimé « indispensable » que le Groupe des États d’Europe de l’Est puisse y siéger de façon non permanente.  Selon lui, le processus de réforme doit également être accompagné par une revitalisation des opérations de maintien de la paix.  M. Cujba a ensuite expliqué que le précédent Gouvernement communiste moldove avait nié l’existence d’une crise financière et économique dans le pays et que le nouveau Gouvernement, l’Alliance pour l’intégration européenne assumait depuis son élection au mois de juillet dernier la pleine responsabilité pour la gestion de cette crise en ravivant, entre autres, le secteur économique du pays.  Il a également précisé que son gouvernement accordait une attention particulière à la protection des libertés et droits fondamentaux, au fonctionnement des institutions démocratiques et à la liberté des médias.

Après s’être félicité de la tenue prochaine, en 2010, d’une Réunion de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le représentant a estimé que l’ONU devait renforcer son rôle avec les organisations régionales de manière, entre autres, à garantir la protection des droits de l’homme dans les régions séparatistes et à stabiliser la situation dans les pays en proie à un conflit interne.  L’intensification de la coopération internationale allant dans ce sens est d’une importance vitale pour la République de Moldova qui affronte un « phénomène sécessionniste » dans ses régions est, a-t-il indiqué.  Selon lui, la démilitarisation et la démocratisation de la région de Transnistrie sont indispensables pour trouver une solution viable à ce problème.  Il a affirmé que le nouveau Gouvernement allait intensifier ses efforts pour trouver une solution en prônant, notamment, une plus grande participation de la part de l’Union européenne et des États-Unis.  Il agira en accord avec la loi de 2005 sur le statut juridique spécial des localités situées sur la rive gauche de la rivière Dniestr, a-t-il par ailleurs précisé.  M. Cujba a ensuite dénoncé les actes des « soi-disant autorités transnistriennes », notamment l’imposition de frais de douane « illégaux », l’ingérence dans le processus électoral des villages situés sur la rive gauche du Dniestr et la violation du droit des citoyens moldoves d’étudier dans leur langue maternelle.

Sur la question des changements climatiques, le représentant a estimé qu’une coopération internationale était essentielle pour y faire face.  Selon lui, l’aide distribuée aux pays en développement et aux économies de transition doit être augmentée, et les Conventions de l’ONU sur les changements climatiques et la désertification ont un rôle essentiel à jouer.  Il a appelé de ses souhaits la conclusion d’un accord notable lors de la Conférence de Copenhague.  M. Cujba a par ailleurs affirmé que l’intégration européenne était un objectif stratégique majeur des politiques étrangères et intérieures de la République de Moldova.  Celle-ci, a-t-elle dit, compte sur l’appui de l’ONU et des États Membres pour réaliser ses objectifs politiques et socioéconomiques, notamment en ce qui concerne son intégration dans l’Europe, la résolution du problème transnistrien et le retrait des troupes militaires étrangères.

M. ANASTASSIS MITSIALIS (Grèce) a indiqué que son pays avait le privilège d’être à la tête de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une des organisations de sécurité régionale les plus importantes du monde.  Il a indiqué que le processus de prise de décisions basé sur le consensus qui s’impose aux 56 membres de l’OSCE était la preuve de la puissance du multilatéralisme.  S’inquiétant de l’impact socioéconomique des changements climatiques sur l’économie mondiale, il a estimé que le moment était venu d’unir les efforts mondiaux pour lutter contre ce fléau, dans le respect du principe de responsabilité commune mais différenciée.  Il a dit que Copenhague sera l’occasion de vérifier la force de « notre ambition collective » de parvenir à un accord inclusif.  Soulignant les efforts de la Grèce en matière d’adaptation et d’atténuation, il a indiqué que son pays accordera 21 millions d’euros, d’ici à la fin 2011, aux efforts d’adaptation des pays les plus vulnérables.  

Citant l’impact de la crise économique mondiale, des changements climatiques et du fossé Nord-Sud sur les migrations, il a rappelé que 192 millions de personnes ont été poussées à quitter leur terre natale et que près d’un million de personnes avaient été arrêtées depuis 2000, en essayant de passer de la Turquie à la Grèce, à la recherche d’une vie meilleure.  Il a rappelé que la Grèce accueillera un Forum mondial sur les migrations internationales et le développement du 2 au 5 novembre 2009, dans le souci de parvenir à des propositions concrètes pour décourager la migration illégale, en multipliant les chances de développement dans les pays d’origine.  Il a rappelé que la Grèce était candidate à un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2012/2015.  Il a souligné l’importance du Processus de Corfou qui traduit la volonté de parvenir à un système de sécurité européen redéfini.  Il a souligné la contribution importante, à cet égard, de la réunion ministérielle d’Athènes, en décembre dernier.  Saluant l’importance de la récente résolution 1887 du Conseil de sécurité sur le désarmement nucléaire, il a estimé important d’obtenir de nouvelles ratifications du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et d’avancer sur la rédaction d’un traité sur l’arrêt de la production des matières fissiles. 

Il a déclaré que la région de l’Europe du Sud-Est et de l’est de la Méditerranée était au cœur de la politique étrangère grecque.  Il a estimé que cette région était vitale en termes de perspectives géopolitique et géostratégique.  Il a exprimé la volonté de la Grèce de travailler avec tous les pays de cette région pour y promouvoir la paix et la stabilité ainsi que la démocratie et des économies robustes, dans l’intérêt de la qualité de vie des citoyens.  Il a présenté une vision grecque s’appuyant sur quatre piliers: l’établissement de bonnes relations de voisinage; la pleine intégration de tous les pays d’Europe du Sud-Est au sein des structures européennes et euroatlantiques; la promotion d’une coopération régionale dans le domaine des infrastructures, de l’économie et du commerce ainsi que le renforcement des liens et des interactions culturelles au niveau des sociétés civiles. 

Regrettant la persistance de certains différends, le représentant a évoqué le différend de 15 ans sur la dénomination de l’ex-République yougoslave de Macédoine voisine.  Il a rappelé que la Grèce a accepté l’utilisation du terme « Macédoine » assorti d’un qualificatif géographique reflétant la réalité.  Il a rappelé que seule une partie de la grande région géographique de Macédoine faisait partie du pays voisin.  Comment ce pays peut-il prétendre à un droit exclusif sur ce nom, a-t-il demandé, en regrettant que les dirigeants de Skopje fassent preuve d’une politique et d’une rhétorique « anachroniques et contraires aux principes et aux relations de bon voisinage ».  Il a dit la volonté de la Grèce de parvenir à une solution qui respectera la dignité des deux pays et des deux peuples.  

S’agissant de la situation de Chypre, il s’est félicité que, grâce aux efforts du Président Christofias, un nouveau cycle de pourparlers avait commencé sous les auspices de l’ONU.  La Grèce est en faveur d’un règlement juste, durable et définitif sur la base des résolutions de l’ONU et compatible avec le cadre institutionnel, les principes et les valeurs de l’Union européenne, qui conduirait à la réunification de l’île.  Les deux communautés devraient pouvoir décider de leur avenir sans pression extérieure, a-t-il dit, en estimant que les calendriers artificiels, les échéances strictes ou les menaces permanentes d’une division n’ont pas leur place dans la recherche d’une solution durable et ne font que jeter le doute sur les véritables intentions de ceux qui les défendent.  La situation actuelle à Chypre est « inacceptable », a souligné le représentant, en accusant les forces turques de continuer à occuper une partie du territoire d’un État membre de l’Union européenne.  C’est la Turquie, a-t-il ajouté, qui détient la clef de la solution et qui sait qu’une telle solution accélèrerait son processus d’intégration à l’Union européenne.  Le représentant a invité la Turquie à mener toutes les réformes nécessaires et à répondre à toutes les conditions fixées pour son adhésion à l’Union européenne, en assurant que la Grèce appuierait alors cette adhésion. 

 


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