Nigéria

S.E. M. Chief Ojo Maduekwe, Ministre des affaires étrangères

28 septembre 2009 (64e session)

S.E. M.Chief Ojo Maduekwe

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Résumé de la déclaration : 

M. OJO MADUEKWE, Ministre des affaires étrangères du Nigéria, a déclaré qu’en dépit des efforts déployés par la communauté internationale en vue de juguler les effets des crises des secteurs énergétique, agricole et financier, le monde en développement n’est pas encore sorti de ces crises.  Il est donc plus que jamais nécessaire que la communauté internationale honore les engagements pris vis-à-vis du monde en développement afin d’éviter une « calamité imminente» pour la moitié de l’humanité.

Après avoir salué le travail des Nations Unies, notamment la Conférence sur la crise économique et financière mondiale et son incidence sur le développement, tenue en juin dernier à New York, le chef de la diplomatie du Nigéria a exhorté à l’appui et à la mise en œuvre des recommandations de cette Conférence, en formant le vœu qu’elle recueilleront le soutien inconditionnel des nations développées.

Des efforts mondiaux sont aussi nécessaires, selon M. Maduekwe, pour relancer la sécurité alimentaire, notamment la production alimentaire, tant pour la consommation intérieure que pour les exportations, ce qui requiert une collaboration entre les investisseurs, les organisations et les gouvernements.  Il a jugé « pertinent » de réitérer l’appel en faveur de la suppression des « énormes subventions agricoles que les pays développés continuent d’octroyer à leurs agriculteurs, ce qui continue à défier la logique de l’économie de libre marché et demeure injuste pour les millions de paysans pauvres dans le monde entier ». 

Il a mis en garde contre le fait que la convergence de nombreux facteurs, y compris la crise économique mondiale, menace non seulement la mise à jour des Objectifs du Millénaire pour le développement mais met également en péril les acquis substantiels déjà obtenus.  Il a encouragé les bailleurs de fonds et les pays récipiendaires à multiplier leurs efforts pour respecter leurs engagements en vertu de ce programme.

Évoquant le Sommet des chefs d’État africains pour faire reculer le paludisme, tenu à Abuja en 2000, le diplomate nigérian a rappelé que pour pouvoir réduire ce fléau de moitié en Afrique en 2010, il est attendu des pays africains qu’ils consacrent 15% de leurs dépenses publiques au secteur de la santé.  Il a toutefois réaffirmé la détermination de l’Afrique à éliminer le paludisme et a indiqué que son pays allait accueillir en 2011 le Sommet « Abuja plus dix ». 

M. Maduekwe a formé le vœu que pour l’Afrique qui compte 15 des 20 pays les plus vulnérables à l’impact des changements climatiques, les résultats de la Quinzième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, prévue à Copenhague, soit une « réponse acceptable face à cette menace mondiale ».

Il s’est félicité du rapprochement entre les États-Unis et la Fédération de Russie en ce qui concerne le désarmement nucléaire, ainsi que de la conclusion et de l’entrée en vigueur du Traité de Pelindaba en Afrique sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et a invité toutes les autres régions à emboîter le pas au continent en la matière.

Cependant, il a attiré l’attention sur la corrélation entre les armes de petit calibre, exportées vers l’Afrique de l’Ouest par exemple, et la criminalité organisée, le trafic des stupéfiants et, dans le cas de son pays, la piraterie et la contrebande de pétrole dans le delta du Niger.  La région est devenue une plaque tournante des drogues illicites notamment, ce qui constitue une menace mondiale, a-t-il observé, en exhortant à l’établissement de normes internationales contraignantes à cet égard.

En sa qualité de Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Président du Nigéria, a indiqué le Ministre a dépêché un Envoyé spécial auprès de son homologue du Niger, Mamadou Tandja, dans le but d’établir « une ligne de communication en faveur d’un règlement des problèmes politiques que connaît notre voisin du nord », a ajouté le responsable nigérien, qui a indiqué que son pays continue d’insister auprès des autorités de Guinée Conakry sur la nécessité d’un retour à un régime démocratique.  Il a formé l’espoir que de tels efforts mèneront à l’élection d’un gouvernement civil au début de l’année prochaine.

Au plan national, il a mis l’accent sur les progrès accomplis dans le delta du Niger en vue de trouver des solutions durables aux problèmes politiques, sociaux et écologiques de l’une des régions « les plus stratégiques » du pays et ce grâce à un accord d’amnistie entre le Gouvernement et les militants locaux.

Il a également informé l’Assemblée que son pays s’était soumis cette année à l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme, dont il s’engage à appliquer les recommandations formulées à l’issue de cet exercice.  Avant de conclure, le diplomate a salué la réforme actuelle du sein du système des Nations Unies et a plaidé en faveur de l’élargissement de la composition et de la démocratisation du Conseil de sécurité.  « Il est inacceptable que l’Afrique, avec ses 53 pays, ne soit pas représentée dans la catégorie de siège permanent au sein du Conseil », a-t-il déclaré à cet égard, en appelant les États Membres « à faire preuve de la volonté politique nécessaire pour une réforme trop longtemps attendue afin de rendre le Conseil de sécurité plus légitime, plus démocratique, plus transparent et plus inclusif ».  Dans le domaine de maintien de la paix, le Ministre a appelé au renforcement du partenariat entre les pays contributeurs de contingents et les Nations Unies, notamment pour ce qui a trait à l’apport de ressources adéquates et au renforcement des capacités des organisations régionales.
 


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