Libye

S.E. M. Colonel Muammar Al-Qadhafi, Leader of the Revolution

23 septembre 2009 (64e session)

Libya
Statement Summary: 

M. MUAMMAR AL-QADHAFI, Président de la Jamahiriya arabe libyenne, a rappelé que les trois pays à l’origine de la création des Nations Unies, qui ont créé cette Organisation après la défaite de l’Allemagne, se sont arrogés le droit de veto au Conseil de sécurité et ont imposé au reste du monde « un habit qui n’était pas coupé pour lui ».  Le préambule de la Charte rappelle pourtant que toutes les nations sont égales, s’est étonné le Colonel.  Mais comment peut-on dire, à la lumière de la composition du Conseil, que les nations sont égales?  Le veto, privilège de quelques-uns, est contre tous les principes de la Charte, a-t-il affirmé. 

Son préambule stipule également que le recours à la force ne peut être invoqué que dans des situations d’intérêt commun.  Il y a eu pourtant 65 guerres après l’établissement du Conseil de sécurité, et personne ne peut dire qu’elles ont été menées dans l’intérêt de la communauté internationale, a poursuivi M. Al-Qadhafi.  Si une agression est perpétrée par un pays contre un autre, l’ONU doit y mettre un terme.  « Si la Libye veut agresser la France, il faut que l’ONU l’en dissuade ».  Mais comme l’histoire l’a montré, de nombreuses guerres ont été lancées par les pays qui se sont pourtant engagés à défendre l’indépendance et la souveraineté des peuples, les mêmes qui occupent un siège permanent au Conseil de sécurité.

Personne n’a le droit d’intervenir dans une situation intérieure, quel que soit le régime en vigueur dans le pays concerné, même s’il s’agit d’une dictature.  Si on nous avait parlé du droit de veto, nous n’aurions jamais rejoint cette Organisation, a assuré M. Al-Qadhafi.  « Nous récusons aujourd’hui l’augmentation du nombre des sièges permanents au Conseil de sécurité », a-t-il annoncé, soulignant que cette expansion ne ferait que renforcer l’injustice, l’iniquité et les rivalités entre tous les pays qui aspirent à rejoindre le Conseil. 

Nous n’avons pas besoin d’une Assemblée générale bis, mais d’une Assemblée qui serait l’instrument législatif universel des Nations Unies et d’un transfert des prérogatives aux groupes régionaux, a estimé le Président.  L’organe suprême des Nations Unies est l’Assemblée générale, a insisté le Président de la Libye, qui a annoncé qu’il allait soumettre ses propositions de réforme du Conseil au cours de la soixante-quatrième session.  Il faut laisser le Conseil de sécurité en l’état et transférer les pouvoirs à l’Assemblée générale. 

« Nous sommes des pays indépendants et nous voulons assurer l’égalité et l’équité de tous », a-t-il insisté.  Le terrorisme n’est pas seulement celui d’Al-Qaida mais aussi celui des décisions imposées par certains États.  « Celui qui dit: moi, je suis au-dessus de l’Assemblée générale, qu’il aille voir ailleurs », s’est exclamé le Président.   Si tel n’est pas le cas, on doit appeler ce Conseil, le « Conseil de la terreur ». 

Parce quand cela les arrange, ils invoquent le Chapitre VII de la Charte ou le chapitre « je-sais-pas-quoi ».  Quand ils n’en ont pas besoin, ils la mettent de côté, a dénoncé le Président, en soupçonnant que les grands pays veuillent utiliser le Conseil pour terroriser le tiers monde. 

La Cour internationale de justice impose aussi des décisions aux petits pays alors que d’autres, plus puissants, refusent de les appliquer, a poursuivi le Président.  L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a-t-il encore dit, se garde bien de vérifier les grandes puissances nucléaires.  « J’ai appelé un jour ElBaradei et je lui ai dit: en ce qui concerne les arsenaux des grands pays, avez-vous les moyens de vérifier? ».  Il m’a dit non, a-t-il révélé. 

Le Président libyen s’est félicité de voir un « noir » d’origine kenyane à la tête d’un pays comme les États-Unis, considérant Barack Obama « en quelque sorte comme une lueur dans le noir ».  Si M. Obama reste toujours au pouvoir, alors nous sommes tranquilles, a-t-il dit sous les applaudissements.  Le discours prononcé aujourd’hui par le Président Obama est vraiment différent de celui de ses prédécesseurs, a salué le Colonel.

Voulant alléger le fardeau de l’Amérique, il a proposé de transférer le siège des Nations Unies vers un autre pays pour 50 ans et ainsi de suite.  Le Président a également évoqué la question du Moyen-Orient, en se prononçant pour un État israélo-palestinien qu’il nommerait « Isratine ».


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