Chili

S.E. Mme Michelle Bachelet Jeria, Président

23 septembre 2009 (64e session)

Chile
Statement Summary: 

Mme MICHELLE BACHELET JERIA, Présidente du Chili, a rappelé que les Nations Unies ont, malgré bien des difficultés, contribué à des progrès dans les domaines de la paix, des droits de l’homme, du droit international, du développement, même si elles n’ont pas été en mesure d’éradiquer l’injustice.  « Nous ne pouvons décevoir les espoirs de l’humanité », a affirmé la Présidente.

« Pourtant, a fait remarquer Mme Bachelet, il semble parfois que ce soit ce que nous faisons. »  Elle a dénoncé le fait que plus d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim.  Il ne s’agit pas seulement d’une statistique, s’est indignée la Présidente, « c’est un enfant, c’est une mère qui meurt dans un pays pauvre, malgré l’opulence dans laquelle les pays développés vivent ».  Elle a mis en parallèle les trois mille milliards de dollars dépensés en quelques mois pour venir au secours du système financier mondial et la réduction annoncée de plus de moitié du budget du Programme alimentaire mondial (PAM) cette année.  Elle a jugé « impossible qu’au prétexte de la crise économique et financière, des pays réduisent leur contribution en faveur de la lutte contre la faim, de la protection de l’environnement et de la promotion du développement ».

Mme Bachelet a aussi estimé qu’il était « éthiquement intenable » que les dirigeants des banques d’investissement qui ont été au centre de la crise « reprennent aujourd’hui les affaires comme si de rien n’était et se reversent d’énormes bonus qui récompensent seulement une prise excessive de risques ».  « Nous ne pouvons tout simplement pas fonctionner ainsi », a-t-elle ajouté.

La Présidente du Chili s’est prononcée en faveur de modèles « plus justes, plus réalistes, soutenables et pratiques » pour garantir le progrès de tous les peuples.  Dénonçant « la crise d’un paradigme, d’une certaine forme de mondialisation », d’une « forme extrême de dogmatisme néolibéral » dans lequel « l’État est considéré comme un problème et non comme la solution », Mme »Bachelet a déclaré qu’au contraire, l’action du secteur public s’est révélée essentielle en cette période de crise.  Elle a cité son propre pays en exemple pour la manière dont il a agi pour limiter les effets de la crise et venir en aide aux plus vulnérables, affirmant qu’il avait su, contrairement à d’autres, tirer les leçons de crises passées et affronter l’actuelle avec de solides fondations économiques. 

Mme Bachelet a souhaité que la prochaine réunion du G-20 aboutisse à des progrès car, a-t-elle insisté, « la résignation n’est pas une option ».  Affirmant que « ni la rhétorique ni le populisme n’apporteront d’aide », elle a souhaité que chacun reste ouvert aux opportunités offertes par une mondialisation bien menée et s’est prononcée pour des mécanismes efficaces de sauvegarde de l’intérêt public.  Mais « ni le monde ni les États ne sont gouvernés par un pilote automatique qui serait à la traîne du marché, de la mondialisation et des changements sociaux », a-t-elle affirmé.

Prônant un retour au dialogue multilatéral et l’abandon de l’unilatéralisme, Mme Bachelet a dit soutenir la réforme et le renforcement des Nations Unies, ainsi qu’un élargissement du Conseil de sécurité.  Elle a salué le travail de la Commission de consolidation de la paix, a souhaité que l’Organisation forge « un pacte social mondial », et que les Objectifs du Millénaire pour le développement soient atteints en 2015.

La Présidente a souhaité et que des engagements contraignants soient pris pour lutter contre les changements climatiques et a demandé que les pays développés adoptent des mesures chiffrées plus ambitieuses que celles qui existent actuellement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.  Elle leur a demandé d’assumer leur responsabilité historique dans les faits et non pas seulement en paroles.  S’ils apportent le soutien financier et technologique nécessaire, alors le monde en développement pourra faire des efforts encore plus importants, a-t-elle affirmé.

Mme Bachelet a rappelé que l’Amérique latine avait été en mesure de bâtir progressivement une vision commune qui permet notamment de venir rapidement en aide à une démocratie en péril.  À ce titre, elle a affirmé que le Honduras a droit à des élections libres et démocratiques sous la direction du Président constitutionnellement élu. 


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