Cameroun

S.E. M. Paul Biya, Président

25 septembre 2009 (64e session)

Cameroon
Statement Summary: 

M. PAUL BIYA, Président du Cameroun, a constaté que la communauté internationale restait sous le choc d’une crise économique qui n’avait épargné aucun pays.  La mobilisation face à cette crise a été « prompte, résolue et conséquente », a-t-il dit, avant de regretter qu’autour des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la communauté internationale n’eût pas fait preuve de la même solidarité.  M. Biya a cependant estimé que si le monde s’est mobilisé face à la crise, il peut le faire également contre les défis de la pauvreté et du sous-développement.  L’Afrique, qui n’est pourtant pas responsable du déclenchement de la crise, en subit néanmoins ses impacts, au rang desquels il a noté le déclin des transferts de fonds vers le continent, la chute drastique des cours des produits africains, un net recul de l’investissement, l’aggravation des déficits budgétaires et un ralentissement de l’activité économique.  Tous ces faits s’accompagnent, a relevé M. Biya, de graves conséquences au plan social.

Toujours à propos des conséquences de la crise économique mondiale sur les pays africains, le Président camerounais s’est inquiété du fait qu’elle mettait en cause les progrès issus de « longues années d’efforts de redressement de nos économies ».  Face à cette éventualité, il a appelé à un « apport en ressources financières substantielles, dénué autant que possible de conditionnalités ».  De cette aide dépendent le développement et l’amélioration des conditions de vie, la paix et la sécurité internationales, a ajouté le Président.

M. Biya s’est félicité de la décision du G-20 prise en avril dernier à Londres recommandant au Fonds monétaire international (FMI) de soutenir les économies les plus fragiles par l’octroi de prêts à des conditions avantageuses.  Il a évoqué la mise en place, dans la région Afrique centrale, de mesures visant à amortir le choc de la crise.  Il a par ailleurs souhaité la mise en place au sein des Nations Unies d’un comité mondial pour l’éthique.  En plus de la crise économique, M. Biya s’est dit également préoccupé par d’autres enjeux tout aussi importants: la crise alimentaire; la lutte pour la réduction de la pauvreté; la paix et la sécurité internationales et les changements climatiques.

L’enjeu des changements climatiques dont l’Afrique subit les conséquences se manifeste notamment, a indiqué le Président camerounais, par l’assèchement du lac Tchad qui a vu sa superficie passer de 26 000 kilomètres carrés dans les années 1960 à 1 500 kilomètres carrés à ce jour.  Ce problème, a-t-il indiqué, nécessite une mobilisation de la région Afrique centrale avec le soutien de la communauté internationale.  M. Biya a par ailleurs évoqué les actions entreprises au Cameroun et dans la sous-région pour lutter contre les conséquences des changements climatiques.  Mais, en raison des coûts financiers notamment qu’engendrent ces efforts, il a appelé à une compensation de la part de la communauté internationale.  M. Biya a espéré que le Sommet de Copenhague apporterait des réponses satisfaisantes aux cas spécifiques de l’Afrique.

S’agissant des enjeux de paix et de sécurité internationales, M. Biya a regretté la persistance  des conflits en République démocratique du Congo (RDC), au Darfour et en Somalie.  Il a relevé l’action du Cameroun pour mettre fin à ces conflits, notamment par l’envoi de troupes.  Le Président camerounais s’est félicité du rôle joué par les Nations Unies sur ces terrains et a plaidé pour qu’elles disposent de davantage de ressources.

Il a souhaité, évoquant la réforme de l’ONU, qu’elle reflète la volonté commune de tous ses Membres.  Ceci renforcerait son efficacité et sa crédibilité, a-t-il souligné.  En renforçant le principe du multilatéralisme au sein des Nations Unies, a suggéré M. Biya, l’on renforcerait également le dialogue des civilisations et des cultures.  Le Président Biya a conclu en réitérant l’appel à une réforme du Conseil de sécurité, à une revitalisation de l’Assemblée générale et au renforcement des moyens d’action du Secrétaire Général.  Seule une ONU rénovée, plus démocratique, plus crédible et plus efficace continuera de focaliser les espoirs et la confiance des peuples, a déclaré M. Biya.
 


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