États-Unis d'Amérique

S.E. M. Barack Obama, Président

23 septembre 2009 (64e session)

S.E. M.Barack Obama

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Résumé de la déclaration : 

M. BARACK OBAMA, Président des États-Unis, s’est déclaré conscient des importants défis qu’affronte le monde et des attentes qui accompagnent sa présidence.  Ces attentes trouvent leurs origines dans un mécontentement par rapport au statu quo, mais aussi dans l’espoir qu’un véritable changement est possible et que les États-Unis pourront opérer ce changement, a-t-il dit.  Il a ensuite évoqué les « malentendus et la désinformation » dont les États-Unis ont été l’objet.  Cet antiaméricanisme « réflexif » a souvent servi de prétexte à l’inaction collective, a-t-il constaté.

« Pour ceux qui contestent le caractère de ma nation, je vous demande d’examiner les politiques adoptées par mon administration », a-t-il enchaîné, évoquant notamment l’interdiction de la torture, la fermeture du centre de détention de Guantanamo et l’élaboration d’un cadre de lutte contre les extrémismes.

Après avoir affirmé que les États-Unis dirigeront par l’exemple, M. Obama a souligné l’importance qu’il y a à lutter contre Al-Qaida et à mettre un terme de manière « responsable » à la guerre en Iraq.  Nous allons aider les Iraquiens à assurer leur transition et procéderons au départ de tous les soldats américains du sol iraquien, a-t-il précisé.

Nous sommes, a dit le Président, à la recherche d’une ère nouvelle dans notre engagement avec la communauté internationale.  L’heure est venue d’assumer nos responsabilités partagées, a-t-il prévenu.  « La structure de la paix mondiale ne peut être le travail d’un seul homme, d’un seul parti ou d’une seule nation.  Elle doit être une paix fondée sur la coopération du monde entier », a–t-il déclaré, en jugeant que l’ONU ressemblait parfois à une instance née pour semer la discorde. 

« Le leadership du XXIe siècle exige davantage », a-t-il affirmé, ajoutant ensuite que les divisions entre le Nord et le Sud ne sont plus logiques dans un monde interdépendant.  Le Président américain a mis en avant les quatre piliers fondamentaux qui permettront d’assurer l’avenir des prochaines générations, à savoir la non-prolifération et le désarmement, la promotion de la paix et de la sécurité, la préservation de la planète et la création d’une économie mondiale capable d’offrir des chances à tous les peuples.

S’agissant du désarmement, le Président Obama a estimé que toutes les nations dotées d’armes nucléaires doivent s’orienter vers la non-prolifération et que les États non nucléaires doivent renoncer à les acquérir.  Il a annoncé la signature prochaine d’un nouvel accord avec la Fédération de Russie visant à réduire le nombre d’ogives et de lanceurs.  Il a aussi annoncé le lancement, au mois de janvier prochain, de nouvelles négociations destinées à arrêter la production des matières fissiles. 

Nous allons travailler avec d’autres pour assurer l’interdiction complète des armes nucléaires et œuvrer pour renforcer les initiatives et les institutions destinées à enrayer le vol d’armes nucléaires, a-t-il ajouté, avant d’annoncer qu’il présidera, au mois d’avril prochain, un sommet sur la sécurisation des matériaux nucléaires.  « Un monde dans lequel les inspections de l’AIEA sont évitées et les exigences de l’ONU ignorées nous laissera tous dans l’insécurité », a-t-il ajouté.

La République populaire démocratique de Corée et l’Iran menacent de nous engager « dans un terrain glissant », a dit le Président.  « S’ils choisissent d’ignorer les normes internationales et s’ils placent les armes nucléaires au-dessus de la stabilité régionale et méconnaissent les risques de la prolifération nucléaire, ils devront être tenus responsables de leurs actes. »  « Le monde doit parler d’une seule voix et dire que le droit international n’est pas un vain mot. »

Le Président américain a ensuite dénoncé le terrorisme.  Il n’y aura pas de sanctuaires pour Al-Qaida, a-t-il affirmé, indiquant que les États-Unis allaient continuer à appuyer le Pakistan.  M. Obama a ensuite fait part des efforts que son pays déploiera pour rétablir la paix au Soudan, en particulier au Darfour.  Les mêmes efforts seront déployés, en coopération avec les Nations Unies et les autres partenaires, pour des pays comme Haïti, la République démocratique du Congo et le Timor-Leste, a-t-il assuré. 

Après avoir annoncé qu’il a eu une réunion « constructive » hier avec Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, M. Obama a estimé que les États-Unis ne rendent pas service à Israël lorsqu’ils insistent sur leur attachement à la sécurité de ce pays sans insister dans le même temps sur le respect par Israël des revendications et des droits légitimes du peuple palestinien.  

Les nations rassemblées ici, a-t-il dit, ne rendent pas non plus service aux Palestiniens lorsqu’ils privilégient les attaques au vitriol au détriment d’une volonté constructive de reconnaître la légitimité d’Israël et son droit à vivre dans la paix et la sécurité.

Abordant ensuite le problème des changements climatiques, M. Obama a annoncé que son pays n’allait pas plus « trainer les pieds ».  Nous allons défendre, a-t-il promis, des coupes claires dans les émissions de gaz à effet de serre pour réaliser les objectifs fixés pour 2020 et 2050.  Tout effort en ce sens, a-t-il prévenu, doit impliquer les économies émergentes, grandes pollueuses, qui peuvent faire plus pour réduire leurs émissions sans compromettre leur croissance. 

Évoquant ensuite les défis que pose la récession, le Président américain a annoncé que la réunion du G-20, qui se tiendra à la fin de la semaine à Pittsburgh, allait mettre le cap sur une croissance « équilibrée et soutenue », par la mise en place de nouvelles règles et le renforcement de la régulation dans toutes les places financières pour mettre un terme à la cupidité et prévenir d’autres crises.

La croissance ne pourra être durable si tous les pays n’assument pas leurs responsabilités, a-t-il prévenu.  Les pays riches doivent ouvrir leurs marchés et réformer les institutions financières pour donner leur voix à davantage de nations.  Les pays en développement doivent extirper la corruption.

La démocratie, a-t-il reconnu, ne peut être imposée de l’extérieur.  Chaque pays doit choisir son modèle et aucun modèle n’est parfait.  Mais, a-t-il prévenu, certains principes sont universels et les États-Unis n’hésiteront jamais à défendre partout le droit des peuples à choisir leur destin. 

Les États-Unis sont prêts à ouvrir un nouveau chapitre de la coopération internationale, une coopération qui reconnaisse les droits et les responsabilités de chaque nation.  Avec foi en notre cause et attachement à nos valeurs, nous appelons toutes les nations à nous rejoindre pour édifier l’avenir que les peuples du monde méritent, a conclu le Président américain, au nom de son pays.


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