Guyana

H.E. Mr. Bharrat Jagdeo, President

21 September 2011 (66th Session)

Statement:
H.E. Mr.Bharrat Jagdeo

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Statement Summary: 

M. BHARRAT JAGDEO, Président de la République du Guyana, a rappelé qu’il intervenait pour la dernière fois cette année devant l'Assemblée générale puisque son mandat prenait fin, après 12 années à la tête de son pays.  Il a donc fait le point sur ce qu’il a perçu comme étant le rôle joué par les Nations Unies tout au long de cette période.  « Ce qui m’a particulièrement frappé c’est que même si les valeurs défendues par les Nations Unies, comme la paix, l’égalité et la justice, sont intemporelles, elles ne peuvent être utiles que si les États Membres en tirent des réponses pratiques et significatives pour faire face aux défis changeants de ce monde », a dit M. Jagdeo.  Revenant sur la nature de ces défis, le Président du Guyana a noté à quel point ils avaient changé en 12 ans.  Il a évoqué la montée en puissance de la Chine, du Brésil et de l’Inde; le fait que des milliards de personnes ne vivent plus dans la pauvreté grâce à cette réussite des pays émergents.  Il a aussi relevé qu’il y a à nouveau un débat intellectuel sur la manière d’inclure les droits de l’homme et la justice dans la structure de gouvernance mondiale.  Le monde a lui-même changé: il est devenu interconnecté et mondialisé, a constaté M. Jagdeo, avant d’ajouter qu’il fallait saisir cette réalité pour apporter des « réponses interconnectées aux problèmes d’aujourd’hui.  Malheureusement cela n’a pas souvent été le cas jusqu’à maintenant », a-t-il regretté.

 

Par ailleurs la réalisation des droits de tous les peuples et individus ainsi que de la justice passe par une nouvelle interprétation des questions de sécurité, a-t-il estimé. À ce titre il a évoqué les questions de la sécurité alimentaire, compte tenu de la croissance démographique mondiale et des neuf milliards de personnes à nourrir à l’horizon 2020; de la sécurité énergétique, avec une augmentation des besoins de 36% d’ici à 2035; de la sécurité des ressources; et des défis liés aux changements climatiques.  Ces défis représentent à la fois des difficultés et des opportunités à condition de faire preuve d’innovation, et, à cet égard, les Nations Unies devraient s’atteler à développer des plateformes utiles pour réaliser les changements nécessaires, a préconisé le Président du Guyana.  La poursuite d’une réponse intégrée à nos défis communs représente une opportunité unique pour les peuples de ce monde, a dit M. Jagdeo.  Soulignant que les ressources naturelles, les terres cultivables, les forêts et les minéraux se trouvent en grande partie dans le monde en développement, il a remarqué que, par conséquent, avec l’action internationale requise, cette partie du monde pouvait parvenir au bien-être et à la sécurité de ses peuples.  Fort de ce constat, il a donné rendez-vous aux dirigeants de ce monde, l’année prochaine, à la Conférence Rio+20, pour commencer le travail nécessaire.  Il a également lancé un appel pour que les accords de Doha et de Copenhague soient pleinement respectés ce qui suppose, a-t-il estimé, un véritable leadership politique.

« Si nous devons adopter un nouvel ordre mondial et trouver les moyens pour que les nouvelles puissances émergent dans la paix, l’action individuelle des différents États ne sera pas suffisante! », a déclaré le Président guyanais.  Les Nations Unies et les autres institutions internationales doivent être rapidement modernisées, et les systèmes internationaux doivent corriger les incohérences existantes entre aide au développement, politiques commerciales et politiques climatiques.